Édition 2026
Du 25 juillet au 1er août
Artistes invités : George Benjamin | Ensemble intercontemporain | Quatuor Diotima
Cette année encore, le Festival Messiaen au pays de La Meije fait dialoguer la création musicale avec un territoire d’exception. Fidèle à l’héritage d’Olivier Messiaen, le festival invite le compositeur George Benjamin, qui fut le disciple du maître auquel il reste profondément attaché. Bien que son œuvre, d’une grande exigence, ait trouvé sa voix singulière, si forte, si belle, qu’elle est célébrée dans le monde entier.
Aux côtés des musiciens virtuoses et aventuriers de l’Ensemble intercontemporain emmenés par Pierre Bleuse, on retrouve George Benjamin à travers plusieurs de ses pièces, parmi lesquelles At First Light, Into the Little Hill ou encore Divisions, donnée en création française avec Pierre-Laurent Aimard.
Cette édition met également à l’honneur le Quatuor Diotima, invité pour trois programmes qui parcourent les esthétiques, de Mozart à Debussy, si chers à Messiaen, de Kaija Saariaho à Szymanowski en passant par les explorations musicales de Christian Mason ou Misato Mochizuki. Leur présence souligne l’attention portée à la musique de chambre, essentielle dans l’identité du festival. Comme sont essentielles les œuvres nouvelles, d’Arnulf Herrmann et de Michaël Levinas, qui nous rappellent combien il est nécessaire de refuser l’uniformité des pensées et des sons que veulent nous imposer les médias.
La musique d’Olivier Messiaen, cœur battant de chaque édition, est au programme de l’église de La Grave, avec le Quatuor pour la fin du Temps, par une formation inédite réunissant les frères Moreau et Patrick Messina ; et Harawi, chant d’amour et de mort, porté par Karen Vourc’h, invitée de cette édition (à retrouver au Col du Lautaret, dans le jardin extraordinaire qui accueille les conférences du festival, pour chanter la rencontre entre musique et physique quantique). Au programme aussi, dans l’église restaurée de Villar d’Arène, les Cinq Rechants, par l’ensemble vocal Musicatreize dirigé par Roland Hayrabedian.
Toutes ces pièces d’Olivier Messiaen rappellent la puissance d’une œuvre profondément liée à la nature et à la foi. Comme celle de Saint François d’Assise, évoqué lors de deux concerts, l’un en ouverture, l’autre en clôture, afin d’embrasser ce festival en pensant à celui qui a embrassé les plus humbles, les plus fragiles, et ce lépreux qui aujourd’hui meurt dans les traversées pour un monde meilleur qu’il n’atteindra jamais, dans l’indifférence générale.
Olivier Messiaen aimait profondément cet ami des pauvres et de la nature, auteur du Cantique des créatures. Nous proposons ici un écho inattendu à son opéra, Saint Françoise d’Assise : scènes franciscaines, mais à l’envers de ses gigantesques déploiements orchestraux, dans de poétiques miniatures franciscaines, commandes passées par le festival à Frédéric Boyer et Arthur Lavandier, comme à Maryline Desbiolles et Zad Moultaka.
De son côté, Jean-François Heisser continue ce voyage entre musique et nature en réunissant – dans La Forêt – des compositeurs magnifiques d’aujourd’hui et d’hier, car la création est un éternel recommencement, comme le savent les musiciens de TM+, engagés dans deux concerts, l’un et l’autre pleins de lumière. Enfin, sous les doigts de Marie Vermeulin, des oiseaux de Messiaen traversent encore le ciel de cette édition…
Concerts, rencontres, aubades, randonnées et moments de joie partagés entre La Grave, La Mure, Le Monêtier-les-Bains et les paysages de Matheysine pour une expérience sensible, précieuse, où la musique se découvre autrement. Et que le spectateur, qu’il soit résident, de passage, venu de loin ou redescendu des montagnes, n’ait pas peur : « Du moment qu’il reçoit un choc, que c’est beau, que la musique le touche, le but est atteint ! » nous disait Olivier Messiaen.
Bruno Messina
Directeur du Festival Messiaen au Pays de la Meije

